12.07.2006

J'ai fait un peu ma star...

Bon, une fois n'est pas de coutume, je ne vais pas parler de mes lectures aujourd'hui mais de ma tête. Et oui, hier, avec cette chère Aurélie, nous avons tiré mon portrait. J'en ai sélectionnées quelques-unes que je vais vous montrer pour avoir votre avis !
Donc pas de moquerie hein mais vous pouvez voter pour votre préférée pour savoir laquelle je ferai développer !
 
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Pour mieux voir, il suffit de cliquer dessus ! :-) 
 

 

01.07.2006

Cher monsieur Dumas !

De retour après une grande période sans Internet pour cause de déménagement ! Et qui dit "sans Internet" dit "plus de temps pour lire". Je reviens donc forte de la lecture des Trois Mouquestaires et de Vingt Après de Dumas père.  Quel dommage que j'ai négligé aussi longtemps les romans d'aventure. Ces deux lectures m'ont montré qu'il était possible d'écrire des romans d'aventure intelligents tout en restant on ne peut plus plaisant. Pour ceux qui aiment les romans où se mêlent petite et grande histoire, je ne peux que vous conseillez, si ce n'est déjà fait, d'adopter le père de ces mousquetaires intrépides.

Il est assez admirable de voir avec quelle facilité Dumas marie la fiction à l'Histoire de France. J'arrive avec grand plaisir au troisième volet de cette saga (le Vicomte de Bragelonne) qui narre donc le début du règne de Louis XIV. Le règne d Louis XIV est la partie de l'Histoire de France que je connais le mieux surement grâce à l'Allée du Roi de Françoise Chandernagor (admirablement adapté en téléfilm d'ailleurs par Nina Companez, avec Dominique Blanc, Didier Sandre...). Oeuvre magnifique où l'on suit le destin de Françoise D'Aubigné qui, après avoir été l'épouse de Scarron, poète génial et difforme, deviendra l'épouse du Roi Soleil. Quel n'a pas été mon bonheur de croiser dans le roman de Dumas, monsieur Scarron dans son salon parisien pendant la Fronde faisant les yeux doux à Mademoiselle D'Aubigné.  C'était comme un portrait qui se complète. Dumas expose la raison de la maladie qui a déformé le corps de ce pauvre Scarron. Il explique aussi comment Mlle de la Vallière, future maîtresse de Louis XIV, s'est fait une blessure à la cheville qui l'a condamnée à être boiteuse à vie...

Je ne peux pas expliquer pourquoi un tel apport de nouvelles informations suir des personnages déjà croisés m'a fait autant plaisir. C'était un peu comme retrouver de vieux amis après une longue période de séparation. Je suis pressée d'en croiser d'autres à la lecture de la suite.

25.05.2006

Solitude, folie et abnégation…

Je reviens du théâtre Montparnasse où on a vu Le Caïman avec Claude Rich. Je ne sais pas trop que penser de la pièce. Je n’ai pas été emballée mais les sujets abordés se trouvent parmi mes sujets de réflexions favoris, à savoir, comme l’indique le titre de ce billet : la folie, la solitude et l’abnégation.

Le rôle de Juliette était un exemple criant de tout le mal que l’on peut faire par amour pour un autre et par abnégation. Sacrifier sa vie à protéger, aider, révéler un autre. Ce chemin est compléteent malsain quand on y pense. Se sacrifier pour un autre, c’est accepter de n’exister que par cet autre et, ce faisant, travailler sans relâche pour que cet autre  ait toujours besoin de ce soutien. C’est se rendre indispensable. C’est donc créer un manque, une fêlure, une blessure, une faiblesse par laquelle s’infiltrer. C’est garder prise. Il est curieux de voir à quel point il peut devenir difficile de savoir qui contrôle, qui est dépendant. Qui est le fort, qui l’est un peu moins. Qui en souffre le plus ? Celui qui reste dans l’ombre mais qui, plus ou moins consciemment, tire les ficelles ? Ou celui qui brille, mais qui n’est qu’une créature, qu’un pantin, qu’un masque ? Nous voilà à nouveau face à cette terrible dualité. Je reste toujours aussi fascinée par ces oppositions, ces équilibres qui se créent. Cette idée de contrôle d’un être sur un autre, ce mal que l’on peut faire au nom de l’amour.

Les deux autres points de la soirée sont un peu plus anecdotiques.  En voyant ce couple déchiré sur scène, je me suis posée la question de cette solitude, de cette déchirure qui semble impossible à combler dès qu’on est deux. Et je me suis aperçue très bêtement qu’il n’est pas facile de créer une unité, un « nous » réel, et non un simple « nous » sur le papier. Je n’ai jamais réussi à écrire un poème où il est question d’un « nous », c’est toujours un « je », qui rencontre parfois un « tu » mais l’union n’arrive pas. Ah, la fameuse tragédie de l’incommunicabilité.

Quant à la folie, j’ai juste repensé en voyant cet homme au bord du gouffre, à un poème que j’ai écrit il y a quelques années après la mort de Sylvie. Un de ces soirs d’insomnie où j’avais l’impression tenace que se creusait un passage à ma folie future. Maintenant que j’y pense, c’est un texte vraiment adolescent avec tout ce que ça peut avoir de grandiloquent et peu subtil. Mais je l’aime bien alors je vous le donne à lire !

Solitude. Barrière d’incertitudes. Prison d’orgueil. Terre d’asile où les fous se promènent au bras des désespérés.

Quel sentiment étrange que cette solitude au milieu d’eux ! Eux qui ne savent rien, qui ne comprennent rien ; et qui n’écoutent pas. Ce cri de souffrance n’est qu’une clameur étouffée par le confort ouaté de leur esprit sain. Ils s’endorment dans un monde vivant et mon insomnie me révèle un univers vide et froid.

Torture. Pas même un fantôme pour me hanter. Je suis mon propre cauchemar : pâle copie de ce qui a été, funeste présage de ce qui sera.

Malaise. Mal-être. J’envie avec mépris leur calme et leur indifférence. Ils ne savent pas. Ils vivent heureux et insouciants.

Souffrance. Mes pleurs se perdent dans leurs rires ; ma folie habite leurs ivresses et mon sang s’oubliera dans leur vin.

Que le spectacle continue…